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24.07.2008

Naissance du collectif « Gérer les déchets autrement »

Naissance du collectif Gérer les déchets autrement

Commentaires

La période estivale est propice au grand nettoyage, au tri... le faire à la maison, c'est bien, à condition que cette action trouve un sens dans son aboutissement. Quelle surprise, le mercredi 23 juillet, de ne pas trouver les bennes de tri habituellement présentes à la déchetterie de Vedène. Aucune benne pour récupérer les revues, journaux, magazines, (et donc pas de recyclage du papier!) aucune benne pour récupérer les vieux vêtements, aucune benne pour le plastique... Seul, le métal (on comprend pourquoi!!), les déchets verts et les cartons (encore que de nombreux se sont retrouvés dans la benne fourre-tout) avaient un traitement de faveur ce jour là. Pour tout le reste, la consigne fut "mettez tout dans la même grosse benne".
Certainement pas!! Je suis donc repartie avec la moitié de mon coffre de voiture plein! Que se passe-t-il à la déchetterie vedénaise? Que se passe-t-il dans notre commune où a été annoncé un effort et une vigilance par rapport au tri, tant par la municipalité que par la direction du site de Novergie? Où sont donc allés ce jour là tous les déchets non triés qui se sont retrouvés dans l'immense benne méli-mélo? Je crains deviner la réponse... quelques tonnes supplémentaires pour alimenter un quatrième four qui peine à tourner à plein régime. Est-ce que je me trompe? Combien de fois cela se produit-il? Je refuse la consigne qui consiste à fermer les yeux. Elle ne respecte ni l'engagement citoyen, ni l'engagement que tout le monde doit avoir de nos jours envers l'environnement. Alors que devons nous faire? Continuer à trier, continuer à faire l'effort d'aller à la déchetterie? OUI, bien entendu, ce n'est pas aux citoyens de baisser les bras. Développer le tri et le recyclage est plus nécessaire que jamais et cela dépend de chacun de nous. Mais nous avons, dans notre devoir citoyen, à veiller à ce que les industriels fassent aussi correctement leur travail. Lorsqu'ils ne le feront pas, il sera de notre devoir de le dire. Nous avons à veiller, les yeux grands ouverts, sur les engagements pris et sur tout ce qui se passe concernant le tri des déchets sur notre commune. Ce blog est un espace de libre parole, il nous permet aussi d'être informés de situations que vous pouvez vivre comme celle que je viens d'évoquer. Prenez le temps d'écrire pour nous en faire part ou de vous joindre au collectif "gérer les déchets autrement". Plus nous serons nombreux, plus notre action sera efficace.
Patricia Talet

Ecrit par : P TALET | 25.07.2008

Merci pour cette initiative, une petite adresse mail peut être pour soutenir, adhérer, rejoindre, relayer, s'informer ....?
Bonne continuation
Eric

Ecrit par : eric | 25.07.2008

La devinette du mois étant fermée aux commentaires , je me suis rabattu sur la gestion des déchets ....

Voicii un article de François Brune et François Ruffin du "Monde diplomatique" qui tombe à pic avec votre article sur "Le journal municipal" de Vedène.

Il est un peu long mais criant de vérités.


APOLITISME TRES POLITIQUE DES JOURNAUX MUNICIPAUX

LA fonction dominante des journaux municipaux est de taire les problèmes de la cité... Du culte des élus à la célébration des jardins fleuris, tout doit prouver au citoyen son existence radieuse au sein d’une ville dynamique et vivante.

L’omniprésence de l’élu local saute aux yeux. Il est le grand ordonnateur de la vie collective, comme le montre l’exemple de Vivre à Metz (avril 1999) : « Jean-Marie Rausch, sénateur-maire de Metz, a accueilli le jeudi 11 mars Gayleatha Brown. (...) Jean-Marie Rausch, sénateur-maire de Metz, a inauguré le 5 mars la nouvelle agence. (...) L’espace multimédia a été inauguré par Jean-Marie Rausch, sénateur-maire de Metz. (...) Jean-Marie Rausch, sénateur-maire de Metz, a dévoilé... », etc. Le tout sur deux pages agrémentées de cinq portraits de « Jean-Marie Rausch, sénateur-maire de Metz ».

Dans Saint-Etienne aujourd’hui, on confond tout autant l’agenda du maire et celui de la ville : vingt-sept photos de M. Michel Thiollière ont célébré le culte de l’édile suprême dans un même numéro...

La plupart des maires ont néanmoins renoncé à ce narcissisme qui risque de faire sourire et de nuire à leur image. Certes, ils signent chaque mois un éditorial, mais ils préfèrent mettre en avant les résultats de leur équipe.

Ainsi, à Evreux : « Si notre cité échappe à ce déclin, la politique menée par votre équipe municipale y est pour quelque chose. » A Limoges : « Afin de bien positionner Limoges dans le domaine des hautes technologies, la Ville en a pris l’initiative. » A Orléans : « Chacun peut mesurer le chemin que nous avons parcouru ensemble depuis dix ans. » On retrouve les mêmes formules dans les articles : « Comme on peut le constater, ce sont des efforts considérables qui ont été consentis par la Ville » (Calais), « L’éducation est une des priorités de l’action municipale » (Orléans), « La Ville soutient les associations culturelles » (Le Mans). Par « Ville », terme englobant et neutre, il faut naturellement comprendre « groupe politique majoritaire au sein du conseil municipal »...

Cette célébration de l’action municipale comporte toutefois un inconvénient : elle maintient l’attention du citoyen sur le terrain politique, où les enjeux trop évidents pourraient engendrer des controverses. Il est donc plus habile de détourner le regard du public, en l’orientant vers des sujets consensuels, à même de « rallier les suffrages » de toute la population.

C’est alors par l’apolitisme de leurs thèmes - l’infotourisme et la culture, l’amour des jardins et des fleurs, l’éloge des groupes sportifs locaux - que les journaux municipaux effectuent leur véritable travail politique.

Admiration des fruits et légumes.

L’INFOTOURISME et la culture, c’est d’abord l’inévitable rubrique des « quartiers d’hier où il faisait bon vivre » : « Saint-Roch, la tradition du passé, l’amour du présent » (Nice). C’est Bayonne qui exalte « son port, une histoire des aventuriers ». C’est Billancourt, haut lieu des luttes ouvrières, qui se remémore plus volontiers les paisibles « dimanches de Boulogne au temps de Kahnweiler ».

Après le « patrimoine mondial » que recèle chaque cité - cathédrales et musées -, vient le catalogue des festivités futures ou passées : « Au Belneuf, la fête bat son plein » (Billancourt encore), « Jours de fête à Fontaine d’Ouche » (Bayonne), « Fête du Port Canal » (Dijon), « Fête des potiers » (Saint-Malo)...

Ces journalistes travaillent en fait comme une agence de publicité : des institutions (hôtel de ville, office de tourisme, maison de la culture) leur fournissent des dossiers de presse qu’ils se bornent à compiler, choisissant au passage la meilleure photo.

L’amour de la terre, ensuite. Voilà qui permet à tous les lecteurs de fusionner dans la même admiration des fruits et légumes. Ainsi s’émerveille-t-on des « géraniums, pensées et autres fleurs » (Saint-Etienne), « du potager des enfants » (Billancourt), du « jardin des simples » (Metz), « des azalées [qui] s’exposent une nouvelle fois à l’hôtel de ville » (Saint-Etienne). Et l’on invite les habitants à entrer dans la ronde, avec les concours des « maisons fleuries » (Troyes), des « écoles fleuries » (Saint-Etienne) ou des « ronds-points fleuris » (Calais).

Car les villes concourent, elles aussi, au niveau national. Et la concurrence fait rage : en 1999, Limoges fut couronnée par le « Comité national pour le fleurissement de la France » ; Caen recevait « le Prix national des jardins familiaux » ; Reims, déjà « l’une des villes les plus fleuries de France », se distinguait par son « Prix national de l’arbre ». Parfois, l’arbre florissant cachait la forêt des quartiers flétris par la pauvreté... A se féliciter de l’éclat des jonquilles ou de la fertilité du sol, on risque peu la contestation.

Cette fonction idéologique des trésors de la nature, Pierre Mabire, éditorialiste au Journal des Amiénois, l’explicite savamment : « Amiens est une ville de jardiniers. (...) Que l’on soit riche ou pauvre, haut placé dans la société ou simple ouvrier, la terre exige qu’on se courbe sur elle pour la travailler. (...) La terre ne fait aucune différence entre les hommes » (19 mai 1999). C’est en effet la société qui s’en charge.

Le sport, enfin. Il rassemble lui aussi : il unit la cité derrière les couleurs de son équipe et il permet à la majorité municipale de « s’élever au-dessus des querelles partisanes ».

Toutes les disciplines y trouvent leur compte : foot, volley, hand, basket, rugby, hockey... Un quart du journal y est dévolu, accumulant les événements : « Les plus grands voiliers pour la plus belle des courses » (Saint-Malo), « Ça plane pour Nice », « Esprit Lyon... le top départ ! », « A l’aise dans son basket » (Dijon). L’épopée reste vivante quelque part.

Devant ce florilège de grands et petits bonheurs, comment ne pas conclure que tout est pour le mieux dans la meilleure des villes ? Y compris, bien sûr, sur le délicat terrain de la vie économique, où l’on affiche souvent un franc triomphalisme dans un style étincelant d’originalité : pendant que Calais « se dote d’un nouveau visage résolument moderne et tourné vers l’avenir », Lyon s’autoproclame « capitale européenne des loisirs interactifs », Orléans se déclare « une belle ville, fascinante, pleine de ressources », Nice se félicite de la « zone franche de l’Ariane.

Une réussite incontestable et collective », et Caen détient « la plus forte croissance en emplois d’avenir », Reims vante le « CERA : 300 emplois créés en cinq ans. Une croissance exemplaire »... Qui imaginerait dans ces conditions qu’Amiens, « carrefour d’énergies européen », « capitale électronique », ville qui occupe « une place stratégique dans l’espace européen », compte encore près de 15 % de chômeurs, près de 8 % de foyers RMistes et près de 7 % de ménages sous le seuil de pauvreté ? Déjà exclus du travail, de la santé, de la culture, ces habitants n’ont pas davantage « droit de cité » dans les médias.

La misère « positivée »

C’EST ce que regrettait d’ailleurs M. Gilles de Robien, député-maire d’Amiens, dans son essai Hors la loi : « On ne signale pas assez les cas de misère. (...) Il faut aujourd’hui que la société se regarde en face. Si on ne cesse de se contempler dans la partie du miroir qui n’est pas brisée, on croit que tout va bien. Mais si on se voit dans un miroir plus constellé d’éclats qu’un pare-brise qui vient de recevoir un pavé, on ne peut pas ignorer les exclusions » (page 84).

Mais les choix de « communication » du maire s’accordent assez peu avec les bonnes intentions de l’essayiste : lorsque Yoplait délocalise et licencie cinquante employés, pas un mot dans ce même bulletin. Idem lorsque Massias ferme : on ne l’apprend qu’au moment où le district entame sa « recherche de solution ».

Le souci de « positiver » comporte sa rhétorique : on concède que subsistent des points noirs, mais pour signaler aussitôt que la Ville s’en charge ou va s’en charger. « Cages d’escalier. Péril en la demeure », annonce Le Rennais, et voilà qui coïncide avec une « opération programmée pour l’amélioration de l’habitat ». D’où une série de titres binaires, articulés sur le mode : 1) il y avait un problème ; 2) la solution est en vue. « Déchets et crottes de chiens. Une campagne pour rendre Angers plus propre », « Sécurité : fermeté et moyens accrus » (Lyon), « Faibles revenus : des tarifs à la baisse » (Rennes).

Chaque fois, le négatif s’efface derrière le positif, les difficultés des habitants derrière les solutions apportées par la mairie ou les associations. Ainsi, lorsque la pauvreté est évoquée, chose fort rare, sa réalité disparaît au profit d’une généreuse impression de solidarité : « 186 000. Le chiffre du mois. C’est le nombre de repas servis par les Restaurants du coeur d’Angers pendant la campagne d’hiver 1998-1999 (+ 20 % par rapport à 1997). » « + 20 % » : même la misère peut être « positivée » (1). Et puis, « pluralisme » et « débat » obligent, l’opposition au maire n’est pas toujours interdite de parole (2).

Devant le tableau de ces villes dont la quasi-perfection devrait démobiliser le plus acariâtre des citoyens, on peut se demander si ces journaux sont réellement lus, ou s’ils ne servent qu’à fortifier l’ego des équipes municipales, heureuses de se trouver si belles en leur miroir ? A l’image de la publicité commerciale, cette propagande joue sur l’imprégnation, sur l’usure des résistances, sur l’effet d’ambiance.

Car, avec leurs couvertures colorées et leurs titres radieux, les bulletins municipaux sont partout. Distribués gratuitement dans les boîtes à lettres, répandus dans les salons, les salles d’attente, les lieux publics, uniques sources d’information locale pour bien des habitants, ils masquent les cicatrices de la cité, ils couvrent la ville réelle du voile euphorisant de la ville officielle.

Ecrit par : Patrick S. | 26.07.2008

Article remarquable qui élève le débat sans n'abaisser ni n'épargner personne. Sans polémique politicienne, il met en évidence au delà de tout clivage la tendance quasi générale des élus municipaux de tous bords à occulter l'essentiel derrière l'accessoire et à s'accaparer de ce qui devrait être "la voix du peuple" en s'auto-félicitant. La stigmatisation du consensus mou des petites choses insignifiantes élevées au rang de" politique de la ville" est particulièrement décapante et rafraîchissante. Une leçon universelle de gestion municipale.
Il en faut plein des articles comme cela. Ne nous en privez pas!

Ecrit par : Pierre CASSAR | 29.07.2008

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